Alors que la crise politique haïtienne s’enlise, la communauté internationale intensifie ses appels à l’organisation rapide d’élections crédibles. Le gouvernement de transition, dirigé par le Conseil présidentiel, se retrouve désormais face à une pression croissante des États-Unis, de l’ONU et de la CARICOM, qui exigent un calendrier concret et des mesures pour rétablir la légitimité démocratique du pays.
Depuis plusieurs mois, les chancelleries étrangères multiplient les déclarations publiques. Washington, par la voix du Département d’État, a rappelé que « la transition ne peut être indéfinie » et qu’Haïti doit « tracer la voie vers des élections inclusives et transparentes ». De son côté, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU a souligné la nécessité d’un retour rapide à un ordre constitutionnel, estimant que la prolongation de la transition mine la confiance du peuple haïtien.
Sur le terrain, cependant, la situation demeure complexe. Les violences des gangs continuent de paralyser la capitale et plusieurs grandes villes du pays, rendant difficile la tenue d’un scrutin sécurisé. Le Conseil présidentiel, déjà critiqué pour son manque de cohésion interne, peine à convaincre de sa capacité à organiser des élections dans un climat aussi instable. Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile dénoncent une dépendance excessive vis-à-vis des puissances étrangères et réclament une approche plus souveraine.
Face à ces critiques, les partenaires internationaux insistent sur la nécessité d’un dialogue national. La CARICOM, notamment, tente de jouer le rôle de médiateur en réunissant les principaux acteurs politiques haïtiens pour élaborer un compromis sur le calendrier électoral. Mais les désaccords persistent, notamment sur la réforme électorale, la composition du Conseil électoral provisoire et les conditions sécuritaires minimales pour un vote libre.
En attendant, la population haïtienne reste spectatrice d’un processus politique qui semble s’éterniser. Beaucoup expriment leur lassitude et leur méfiance envers une classe dirigeante incapable de répondre à l’urgence nationale. Entre les exigences extérieures et les réalités internes, le gouvernement de transition marche sur une ligne étroite.
S’il échoue à présenter rapidement une feuille de route crédible, Haïti risque de voir sa crise politique et institutionnelle s’aggraver davantage, au détriment d’un peuple déjà éprouvé par des années d’instabilité et d’insécurité.
