Haïti frappée de plein fouet par l’ouragan Melissa : chaos, désolation et espoir fragile
Port-au-Prince, 30 octobre 2025 — L’ouragan Melissa, classé en catégorie 4, a dévasté une grande partie des Caraïbes au cours des dernières 72 heures, causant d’immenses dégâts matériels et humains. En Haïti, le pays le plus touché après la Jamaïque et Cuba, la situation est décrite comme « catastrophique » par les autorités locales et les organisations humanitaires. Selon le Centre national de météorologie, Melissa a balayé les côtes haïtiennes dans la nuit de mercredi à jeudi avec des vents atteignant 230 km/h et des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations massives dans plusieurs départements, notamment l’Artibonite, le Sud et l’Ouest. Des dizaines de maisons ont été emportées, des routes coupées et plusieurs ponts détruits, isolant des communautés entières. Le premier bilan provisoire fait état d’au moins 86 morts et de plus de 120 000 personnes déplacées.
« C’est une tragédie sans précédent depuis le séisme de 2021 », confie Marie-Ève Saint-Fleur, coordinatrice d’une ONG locale à Léogâne. « Des familles ont tout perdu, et les secours n’arrivent pas toujours à atteindre les zones reculées. » Ce nouveau drame met en lumière la vulnérabilité structurelle d’Haïti face aux catastrophes naturelles. Entre pauvreté, instabilité politique et infrastructures précaires, le pays peine à mettre en place des systèmes de prévention et d’évacuation efficaces. Malgré les alertes émises dès le week-end dernier, de nombreuses familles n’ont pas pu quitter leurs maisons, faute de moyens ou de refuges disponibles.
Le Premier ministre par intérim, Renald Pierre-Louis, a déclaré l’état d’urgence nationale et lancé un appel à la solidarité internationale : « Haïti ne peut affronter seule cette catastrophe. Nous avons besoin d’aide humanitaire immédiate. »
Les premières aides commencent à affluer depuis la République dominicaine et les États-Unis, mais leur distribution reste entravée par l’état des routes et les fortes pluies persistantes. Les Nations unies ont annoncé le déblocage d’un fonds d’urgence de 20 millions de dollars pour venir en aide aux sinistrés. Des centaines de volontaires haïtiens se mobilisent également dans les centres d’accueil improvisés à Port-au-Prince, Cap-Haïtien et Jérémie.
« On dort sur des bancs, mais au moins on est en vie », raconte Jean-Baptiste Louis, père de famille réfugié dans une école transformée en abri temporaire. « Il faut tout recommencer, encore une fois. »
L’ouragan Melissa illustre l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes dans la région caribéenne, conséquence directe du réchauffement planétaire. Selon les experts du Caribbean Climate Center, les cyclones de catégorie 4 et 5 risquent de devenir plus fréquents au cours des prochaines décennies. Haïti, souvent en première ligne, doit repenser son modèle d’aménagement et renforcer la résilience de ses infrastructures.






